un peu d’histoire:
Le Renault Goélette est un véhicule largement utilisé par les administrations françaises qui ne peuvent acheter que des véhicules français. C’est le cas notamment de La Poste pour l’acheminement du courrier3, la Gendarmerie4, et la Police5 qui l’utilise « panier à salade » mais aussi les artisans et les petits transporteurs.
En 1952, l’armée française ayant fort à faire en Algérie, commande à la Régie Renault une camionnette 4 × 4 afin de compléter les Dodge WC51 & 52 provenant des surplus de l’armée américaine. Pour Renault, le modèle de base existe, c’est le petit utilitaire « R 2067 », plus poétiquement baptisé « Goélette » de 1 400 kilos de charge utile. Ce véhicule, lancé juste après la fin de la guerre est très apprécié des artisans et des commerçants. En partant de ce modèle qui, jusqu’en 1957 ne disposait que d’un moteur 4 cylindres développant 53 ch, la Régie Renault crée une version adaptée : conservation du châssis biscornu avec son empattement court et sa mécanique placée en porte-à-faux à l’avant, on surélève le tout sur de bons vieux ponts « banjo » et des lames de ressorts bien rigides, on l’équipe d’une cabine torpédo bâchée, ce qui évite d’étudier l’aération, et d’une benne recouverte d’une grosse toile pour transporter hommes et matériel. Une version ambulance, entièrement tôlée, sera également construite sur ces mêmes bases mécaniques.
Le moteur est celui de la Frégate qui est tout sauf un foudre de guerre. La version « Étendard » de véhicule militaire national plafonne à 58 ch à 3 300 tr/min, très faible pour un 2,2 litres essence même pour l’époque, d’autant que le couple plafonne à 14 m.kg à 2 000 tours. La conduite en tout terrain s’avère très très difficile ! La boîte, « made in Billancourt » dispose de quatre vitesses dont seuls les trois derniers rapports sont synchronisés et le transfert à deux rapports ne permet de rouler en 4 × 4 qu’avec la réduction enclenchée. Pas vraiment pratique ! Les ponts de type « banjo » et les freins à tambour complètent le cadre peu attrayant de l’ensemble. Mais, comme le disaient les officiers : « faut faire avec… ».
Force est de constater que, obligée d’acheter français à tout prix (et on ne croit pas si bien dire ! le prix était vraiment exorbitant), l’Armée n’avait guère le choix : il n’existait rien équivalent chez les constructeurs français Peugeot ou Citroën pour remplacer les valeureux Dodge WC 51/52. Quant aux prototypes étudiés par Delahaye, Hotchkiss ou Latil, ce n’étaient que de pathétiques élucubrations de constructeurs moribonds.
Renault Goélette R2087 du 01/01/1960 attribué au 52éme régiment Médical en Algérie, se véhicule server à transporter le matériel médical sur les divers poste de secours.
son immatriculation militaire était 296 0378.